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la coquille Saint Jacques : Une ressource de la Baie de Saint Brieuc

Programme de suivi du stock de homards 2009-2014

Mis en place en 2009 dans le cadre de l'installation d'hydroliennes expérimentales en mer, le programme de suivi du stock de homards exploité évolue et s'améliore au fil du temps. La force et l'originalité de ce programme est qu'il se base sur la mise en commun des efforts et des connaissances de l'ensemble des acteurs concernés : mise en œuvre par les pêcheurs professionnels, les pêcheurs plaisanciers participent également à ce programme et à la communication menée autour. Le CDPMEM travaille en étroite collaboration avec 2 centres d'Ifremer et avec ses homologues finistériens, ligériens, normands et jersiais, afin d'inscrire les observations dans un contexte pertinent vis-à-vis de la biologie du homard.

 Suivi du stock de homards

Sur le quartier maritime de Paimpol, le CDPMEM 22 a régulièrement travaillé avec une vingtaine de pêcheurs professionnels volontaires pour acquérir de la connaissance sur une espèce emblématique : le homard.

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Dans quel contexte ce programme est-il réalisé ?

Le programme de suivi du homard et de son exploitation a été mis en place, dès 2009, dans le cadre d’un projet d’énergies renouvelables. EDF a en effet choisi d’installer 4 hydroliennes expérimentales au sein d’une réserve de pêche, appelée la Horaine, au large de l’île de Bréhat. Ce choix s’est fait au terme de plusieurs années de discussion avec les pêcheurs professionnels, qui souhaitent néanmoins garder un œil sur ce qui se passe au sein de cette réserve. En effet, la réserve de la Horaine a été créée en 1966 par les pêcheurs eux-même, dans le but de protéger une partie des stocks de grands crustacés – araignées, tourteaux, homards, langoustes. Les pêcheurs professionnels perçoivent cette réserve comme un outil de gestion très important. Un partenariat a donc été passé entre EDF et le Comité Local des pêches de Paimpol (aujourd’hui, avec le Comité Départemental des pêches des Côtes d’Armor) afin de financer un suivi régulier du stock de homards et de son exploitation, au sein du quartier maritime de Paimpol.

pêche aux casiers

Ce programme a bénéficié également du soutien financier du Département des Côtes d’Armor, de la Région Bretagne, de l’Etat et du Fonds Européen pour la Pêche, ainsi que d’un partenariat technique avec Ifremer.

 

logos financeurs

 

Quels sont les objectifs de ce programme ?

Ce programme a plusieurs ambitions : le premier objectif est de caractériser la pêcherie du homard sur le quartier, en recensant le nombre de navires ciblant cette ressource ou en calculant des indicateurs de rendement par exemple. En parallèle, des pêches expérimentales sont organisées au sein de la réserve de la Horaine afin de mesurer son efficacité. Enfin, ce programme permet d’obtenir des données à l’échelle de l’individu (déplacement, croissance, reproduction), complétant ainsi les données déjà disponibles. 

Concrètement, comment suit-on le stock de homards ?

Les opérations sur le terrain comprennent deux volets : les observations embarquées et le marquage individuel des homards.

 

Observations embarquées

Le premier volet consiste à mesurer, à bord de caseyeurs professionnels, tous les homards capturés lors de pêches habituelles. À ces pêches habituelles sont couplées des pêches effectuées au sein de la réserve de la Horaine, par autorisation préfectorale.

Observations embarquées

Ces pêches sont réalisées, météo permettant, à chaque morte-eau du mois de mai au mois d’août, à bord de deux caseyeurs différents. Ces caseyeurs pêchent habituellement dans deux zones différentes, l’un évoluant près de la côte en baie de Paimpol, le second au large sur le plateau des Roches Douvres.

Lors d’un embarquement sur ces caseyeurs, une ou deux filières de casiers sont placés au sein du cantonnement de la Horaine. Ainsi, pour une même marée, on peut comparer les caractéristiques des homards pêchés en dehors et à l’intérieur de la réserve de la Horaine, ainsi que les rendements de pêche et les structures en taille des captures.

 

Marquage individuel
Le suivi individuel de homards est possible grâce au marquage d’individus achetés aux pêcheurs professionnels du quartier maritime de Paimpol. Les homards sont identifiés grâce à une marque jaune numérotée insérée au niveau de l’abdomen. Les individus sont pesés, mesurés et sexés, puis remis à l’eau au plus vite.

Marques abdomen et queue

Plus tard, lorsqu’un homard marqué est capturé par un pêcheur professionnel ou plaisancier, celui-ci doit contacter le comité des pêches afin de transmettre les données de capture : numéro de la marque, date et position de recapture, taille du homard, présence d’œufs, etc.

 

marque homard


Quels sont les résultats ?

Marquage individuel

En fin de programme, sur 7 485 homards marqués individuellement depuis 2010, 293 recaptures ont été signalées, soit 3,9% de taux de recapture. Les premiers résultats montrent qu'une grande proportion de homards recapturés présentent des déplacements significatifs, lorsque d'autres n’ont pas bougé de leur point de lâcher. Ces recaptures permettent d’observer les mouvements individuels des homards. La très grande majorité des déplacements observés suivent une direction Est-Ouest et large-côte. Selon la zone de lâcher du homard après marquage (la Horaine, Crumblent ou la baie de Lannion), les homards ne bougent pas de la même façon. La plupart des homards lâchés en baie de Lannion sont recapturés en baie de Lannion, alors que les homards lâchés en zone « ouverte » (la Horaine ou Crumblent) ont tendance à se déplacer vers l’Ouest. Ces déplacements peuvent être conséquents et réalisés dans des temps très courts. Certains homards ont été recapturés près de l'île Vierge moins de 3 mois après leur lâcher!

 

recapture homard CLPMPL-2

 

Observations embarquées

Les pêches expérimentales réalisées au sein du cantonnement de la Horaine montrent que les homards qui s'y trouvent sont en moyenne plus gros que ceux capturés en-dehors. De plus, les rendements de capture (en kg de homards pour 100 casiers) sont supérieurs dans le cantonnement.

Le succès de ce programme repose sur la connaissance des pêcheurs de ce programme et de l’intérêt de transmettre les informations en cas de recapture, ce qui nécessite une communication large et importante. Pour cela, des brochures et affiches sont distribuées chaque année dans les associations de pêcheurs plaisanciers du quartier maritime et dans les capitaineries. La presse écrite et télévisée est également sollicitée.

 

Y-a-t'il des perspectives?

Après 6 ans de mise en oeuvre, ce premier programme a atteint ses objectifs et démontré que les homards sont capables de déplacements importants et orientés. L'hypothèse d'une mue annuelle a été validée et une relation taille-poids calculée. 

Bien que le programme en lui-même soit terminé depuis 2014, le CDPMEM 22 continuent les observations embarquées. Ainsi, les captures des caseyeurs peuvent être caractérisées (rendements, structure en taille, sex-ratio...) et analysées au besoin.

 

Le CDPMEM 22 souhaite maintenant s'intéresser à la fraction non capturable de la population de homards. L'objectif d'un tel programme serait de définir un indicateur de recrutement, permettant d'estimer un niveau de captures futures. En 2015, le CDPMEM 22 a encadré une stagiaire de Master 2 de l'Université d'Aix-Marseille, Mégane NEAUPORT, sur la définition de la méthodologie de collecteurs à juvéniles de homards. L'absence de financements européens en 2016 n'a pas permis de monter un nouveau programme sur ce sujet.

 

Télécharger la Brochure programme suivi homards

 

Bilan 2014 suivi du stock de homards


Bilan 2013 suivi du stock de homards

 

 

Bilan 2012 suivi du stock de homards

Bilan 2011 suivi du stock de homards

 

Bilan 2010 suivi du stock de homards