Accueil du site du Comité Départemental des Pêches Maritimes et des Élevages Marins des Côtes d'Armor - CDPMEM 22

la coquille Saint Jacques : Une ressource de la Baie de Saint Brieuc

Semi de naissain de Coquilles Saint-Jacques

 

Le gisement naturel de coquilles Saint-Jacques de la Baie de Saint-Brieuc est suivi annuellement par Ifremer. En parallèle de ce suivi, le suivi annuel de captage sur filière de naissain de coquilles Saint-Jacques issu de la reproduction naturelle des coquilles de la Baie a été initié en 1973, et repris en main par le CLPMEM de Saint-Brieuc depuis 2009. Ces deux programmes permettent d'avoir une vision prospective de l'état du stock de coquilles Saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc, et notamment d'évaluer le recrutement. Ce sont des outils indispensables à la réalisation d'une gestion la plus adaptée possible de l'exploitation de ce stock.

Depuis plusieurs campagnes, Ifremer a alerté les pêcheurs professionnels quant à la baisse du recrutement et du pré-recrutement observés. Le programme de captage de naissains sur filière confirme cette tendance, avec un indice de fixation des post-larves de coquilles Saint-Jacques en diminution en 2009, faible et tardif en 2010, et extrêmement faible en 2011 (de tels indices n'ont pas été observés depuis 1986).

Le CDPMEM des Côtes d'Armor a vivement souhaité réagir à cette diminution du recrutement naturel en soutenant la reproduction au moyen de semis de naissains de coquille Saint-Jacques issus d'écloserie, répétés sur 4 ans, de 2012 à 2015.

Bilan de la 1ère campagne de semi de naissain de coquilles Saint-Jacques

Depuis 2008, l'IFREMER a alerté la profession concernant la chute de la biomasse adulte et de la biomasse exploitable au regard des résultats obtenus au début des années 2000 lors des campagnes d'évaluation du gisement coquillier de la Baie de Saint-Brieuc.Parallèlement, l'évaluation des indices de captage de naissain de coquilles Saint-Jacques qui reflètent la reproduction naturelle se sont révélés faibles et tardifs en 2010, et très faibles en 2011, laissant prévoir une baisse inéluctable de la biomasse et du stock exploitable.

Dans ce contexte, le conseil du Comité Départemental a souhaité soutenir la ressource en réalisant sur quatre années consécutives (de 2012 à 2015 si les ressources persistaient à donner des signes de déclin) des semis de naissains de coquilles Saint-Jacques, à raison de 3 millions d'unité par an, répartis sur 3 zones. Le coût global estimé pour les chaque semi annuel est de 223 000 €.

En juin 2012, 2 564 000 naissains ont été semés.

Les semis ont été réalisés grâce au concours de 5 navires de pêche différents entre le 11 et le 21 juin 2012. Les petites coquilles ont été semées sur 3 zones en baie de Saint-Brieuc : Landas, les Ridins et le Petit-Léjon.

Deux suivis par plongée ont été réalisés sur chaque zone par 3 armements de pêche professionnelle. Ils ont permis de constater la bonne acclimatation des petites coquilles au substrat après le semi. Les densités de naissain estimées en plongée sont inférieures aux densités initiales calculées le jour du semi, ce qui laisse supposer une mortalité d'une partie des coquilles. Cette mortalité est normale et attendue selon les retours d'expériences de semis réalisés par le passé sur d'autres sites. Le taux de coquilles mortes dénombrées sur la zone de comptage est supérieur sur le site « Landas » que sur les autres sites.

Le suivi du naissain semé par Ifremer a été réalisé par des pêches expérimentales supplémentaires par rapport au plan d'échantillonnage défini pour la campagne d'évaluation annuelle du stock COSB. Ce sont ainsi 10 stations qui ont été échantillonnées dans chacune des zones de semi, soit 30 stations au total. Les coquilles Saint-Jacques sont agées et mesurées, la différenciation entre les coquilles issues du gisement naturel et celles issues d'écloserie est possible grâce à la présence d'un anneau de ralentissement de croissance supplémentaire sur les naissains. Le taux global de récupération de coquilles issues du semi est jugé « très satisfaisant, mais présente de fortes variations entre secteurs ». L'étude a permis d'évaluer le nombre de coquilles issues du semi en septembre 2012 à 785 000 (± 40%), soit 31 % des effectifs initialement semés.

photo semi coquilles

Bilan et perspective

Le programme de semi de naissain de coquilles Saint-Jacques s'est déroulé comme prévu en 2012. Les opérations de semi se sont correctement passées, et les suivis en plongée ont pu être menés avec quelques jours de décalage sur le calendrier prévu. Le suivi par plongée et par Ifremer montre que le taux de récupération est satisfaisant au regard des expériences déjà menées par le passé.

  • Une réflexion sera à mener sur la zone « Léjon », où le taux de récupération est le plus faible et la diminution de la densité de petites coquilles la plus forte.
  • Une réunion de bilan des opérations menées en 2012 et de préparation de la campagne 2013 sera organisée dans le courant du 1er trimestre 2013 pour avec Ifremer et l'écloserie du Tinduff.

Pour ce programme, le CDPM bénéficie du soutien financier du Conseil Général, des Côtes d'Armor, du Conseil Régional de Bretagne, de l’État et du Fond Européen pour la Pêche.

logos patrrtenaire