SEICH’EAU
Améliorer les connaissances et favoriser la reproduction de la seiche en Baie de Saint-Brieuc
Présentation
La seiche est une espèce bien connue des Côtes Françaises, présente tant en Méditerranée qu’en Atlantique. 6ème espèce la plus débarquée en France avec 7600 tonnes en 2022, elle représente une part non négligeable des débarquements en Côtes d’Armor avec tout de même 20% du tonnage national (FranceAgriMer 2022 et CCI22). Néanmoins, la seiche reste une espèce peu suivie sur notre territoire. Nous ne disposons pas de données historiques complètes permettant une vision globale de la pêcherie.
Principalement ciblée par des navires chalutiers et caseyeurs, la gestion de la seiche commune n’est pas sous quota et n’a pas de taille minimale de capture. La tendance des débarquements costarmoricains est à la baisse depuis une dizaine d’années, et de ce constat a émergé une volonté des professionnels de la pêche de s’intéresser plus particulièrement à cette espèce afin à terme de mettre en place des mesures de gestion cohérentes et renforcées. Dans un premier temps, cela s’est traduit par la création en 2022 d’un Groupe de Travail Céphalopodes au sein du CDPMEM22. Les échanges entre professionnels dans cette instance ont mis en lumière la nécessité d’obtenir et d’analyser l’ensemble des données disponibles sur cette pêcherie afin d’en dresser un premier bilan.
Objectifs
Les actions
Ce projet sera mené au travers de 3 volets présentés ci-dessous, dans lesquels les professionnels seront pleinement impliqués, de l’élaboration des protocoles aux restitutions en groupe de travail.
L’objectif est d’évaluer l’ensemble de la pêcherie afin d’en comprendre la dynamique, les enjeux et contraintes. La bancarisation de données de captures et de débarquements, collectées auprès de la DGAMPA et des halles à marées costarmoricaines, couplée à nos informations internes concernant la flottille, permettront de produire des indicateurs halieutiques et socio-économiques pertinents. Les professionnels seront également enquêtés afin d’affiner ces indicateurs et d’aboutir à des informations précises sur notamment leur degré de dépendance au métier, sur l’attractivité de ce métier ou encore sur l’économie de l’entreprise de pêche.
Les indices spatiotemporels calculés seront restitués aux professionnels lors du groupe de travail « céphalopodes », réuni chaque année par le CDPMEM22.
Au travers de marées observées réalisées à bord de navires professionnels ciblant la seiche, complétées par des données issues de campagnes scientifiques menées sur le territoire par d‘autres acteurs (OBSMER, parc éolien) des données biologiques sur les individus pêchés seront acquises ainsi que des données de spatialisation cartographique. Ces informations permettront d’obtenir des données à l’échelle de l’individu (taille, poids, sexe) et aux professionnels de visualiser l’évolution de leurs captures au fil des mois, sur trois années, a différentes échelles géographiques. La seiche étant une espèce migratrice et sensible à la température, la cartographie de l’activité de pêche sera également corrélée avec des données environnementales issues de sondes présentes sur le fond de la Baie. Ces données inédites sont primordiales pour comprendre le comportement de la seiche qui revient sur nos côtes pour se reproduire et pondre.
Le premier objectif ici est de proposer aux seiches femelles davantage de supports sur lesquelles elles vont pouvoir venir fixer leurs œufs et ainsi permettre à ces derniers d’éclore sans incidents. Pour cela, des filières adaptées seront posées par les professionnels en Baie, sur des sites choisis de par leurs expérience. Un suivi de la colonisation des cordes par les œufs sera effectué au fil de la saison pour évaluer les déplacements des seiches au fil de la saison, en lien avec la température du fond.
Le second objectif consiste à optimiser le devenir des œufs grappés sur les casiers à seiches des professionnels. Ces derniers doivent nettoyer régulièrement leurs engins pour qu’ils restent efficaces, et la remise à l’eau des œufs n’offre que peu de succès d’éclosion (15% max). Les professionnels ont donc souhaité appliquer un dispositif d’incubateurs à œufs, déjà testés et validés en Charente-Maritime. Le principe est que ces boites soient accessibles dans les ports, et que les pêcheurs y déposent les œufs au retour de leur marée. Des suivis d’éclosion réguliers seront effectués.
Rôle du CDPMEM 22
La coordination de ce projet sera réalisée par un permanent du CDPMEM22, également référent technique céphalopodes. Il assurera les liaisons avec les professionnels concernés ainsi que les missions de terrain et d’analyse.
Financement & suivi